Oui, c’est une affirmation, et aujourd’hui je vais spécifiquement vous parler de pourquoi le jeu vidéo est bon pour la santé mentale.
Apprendre en s’amusant
Il y a peu de temps, je me suis posé la question : qu’est-ce qui fait que dans les jeux, lorsque l’on joue, on ne ressent presque jamais d’anxiété, de pessimisme ?
Pourquoi, lorsque l’on perd ou que l’on bloque, restons-nous déterminés et optimistes ? Quelle est la différence avec les problématiques que nous rencontrons dans la vie ? Il nous arrive aussi de perdre ou de bloquer dans la vie. La science nous dit que la principale différence, c’est que nous nous concentrons sur nos objectifs et notre évolution. Nous cherchons volontairement des défis et nous savourons la difficulté. On ne joue pas pour éviter de perdre, mais pour savoir de quoi nous sommes faits. C’est ce que l’on appelle l’état d’esprit de défi.
La psychologie du jeu rend plus facile la gestion de l’anxiété, on se focalise sur les opportunités, plutôt que sur les menaces, et on a moins peur de perdre.
Le jeu vidéo est donc un environnement où l’échec n’est jamais perçu comme définitif, mais comme un apprentissage. On voit l’erreur comme une étape vers la maîtrise et non comme une honte. Il est normal de perdre, de faire des erreurs : c’est comme ça que l’on apprend, que l’on s’améliore. Le jeu nous apprend la résilience.
Les jeux FromSoftware prescrits par les psys ?
La question que nous sommes en droit de nous poser (j’ai vérifié et oui, on a le droit !) est la suivante : est-il possible de transférer cette compétence acquise grâce au jeu vidéo dans notre vie quotidienne ? La recherche nous dit que la réponse est OUI.
Je vous laisse profiter de cette réponse et du sens qu’elle a.
Une compétence que l’on peaufine pendant nos heures de jeux, de détente, peut être utilisée pour améliorer notre santé mentale.
Je ne sais pas vous, mais cette information me met de bonne humeur et me conforte dans l’idée qu’il y a une multitude d’outils pour prendre soin de soi, et le jeu en fait partie 🤩.
Dis-moi, Jamy, c’est quoi un "défi" ?
Excellente question ! C’est tout ce qui provoque le désir de se tester, ce qui nous amène à nous améliorer. Un point très important est qu’un défi doit être accepté : on ne peut pas forcer quelqu’un à se lancer.
Un défi, peut-être quelque chose que l’on choisit pour un changement de vie positif :
- faire son premier trail ou semi-marathon ou triathlon
- limiter le sucre, l’alcool, le sel, la clope
- se fixer une durée limite d’usage des réseaux sociaux
- se mettre à lire avant d’aller se coucher
Un défi peut également être imposé par la vie :
- une maladie
- une guerre
- une crise financière
- une perte d’emploi
Plus tôt, je vous ai dit qu’un défi doit être accepté, et c’est aussi le cas pour ceux que la vie nous impose. On n’a peut-être pas choisi ce qui nous arrive, mais on peut choisir comment on y réagit.
La souffrance et la perte étant inévitables, il est vain d’essayer d’y résister.
Cette phrase, attribuée à Bouddha, nous rappelle que la vie est faite de hauts et de bas et que le bonheur réside dans notre capacité à faire face et à résoudre nos problèmes.
Elle n’est pas un peu pourrie l’ambiance là ?
Deuxième question que nous sommes en droit de nous poser : les problèmes imposés par la vie ne sont-ils pas trop sérieux et/ou trop douloureux pour être pris sous le spectre du jeu ? Encore une fois, la recherche nous répond qu’il est totalement possible d’utiliser l’état d’esprit de défi dans ces cas-là.
L’état d’esprit de défi, contrairement à celui de menace, nous permet de nous orienter vers des aspects positifs : les apprentissages, les gains, les opportunités. Cela permet de reprendre les rênes de sa vie et de ne plus se percevoir comme une victime : en psychologie on parle d’agentivité. Devenir acteur de notre vie et non plus spectateur. Grâce à cela, on réduit les symptômes de dépression et d’anxiété.
Si JOUER c’était APPRENDRE ?
Je vais peut-être utiliser un "gros mot" pour certains, mais je me lance. Le fait de conscientiser nos apprentissages à travers le jeu, donc de jouer en conscience, favorise l’apprentissage de la chose elle-même. Par exemple : dans un jeu tel que Rocket League, je peux me concentrer sur plusieurs aspects :
- la communication avec mon équipe ("mais il est complètement 💥💢🤯 mon mate !", n’est pas un bon exemple de CNV),
- la stratégie,
- la dextérité,
- la gestion de la pression.
En prenant du recul et en identifiant les compétences que vous allez mobiliser ou apprendre pendant une partie, vous deviendrez plus conscient de votre potentiel. Vous augmenterez par la même occasion ce que la science appelle l’auto-efficacité, c'est-à-dire la croyance en votre propre capacité à exécuter les actions nécessaires pour réussir.
Ça tombe bien car c’est cela qui nous permet de faire pencher la barre entre état d’esprit de défi ou de menace : on évalue nos ressources disponibles par rapport à ce qui nous est demandé et l’auto-efficacité est le curseur qui valide cette perception.
C’est bon, il a fini ?
Oui, c’est bon, j’ai fini. Je pense que vous avez maintenant une idée assez large de pourquoi le jeu vidéo est bon pour la santé mentale. J’espère sincèrement avoir été assez clair et pas trop lourd avec les termes techniques.
Si vous avez des retours, des axes d’améliorations, des recommandations autour de ce sujet, c’est avec plaisir que vous pouvez me contacter sur les réseaux : 🔗korli.fr/gregggt.
Merci de m’avoir lu, prenez soin de vous 😉 !
Cet article vous a plu ? Vous voulez recevoir mes prochains articles directement dans votre boite mail ?
Sources
Jane McGonigal (2015). SuperBetter, A Revolutionary Approuch to Getting Stronger, Happier, Braver and More Resilient.
Entertainment Software Association (2025). The Global Power of Play: 2025 Global Video Games Report.
