Jeu et bien-être des enfants : plaisir, apprentissages et pouvoir des jeux coopératifs

Si vous jouez avec des enfants dans votre entourage, ou si vous êtes simplement curieux de comprendre pourquoi le jeu fait ce qu'il fait, voici ce que la recherche nous dit. Parce que ce qui se passe dans une session de jeu coopératif est bien plus riche que ce qu'on voit à l'écran.

Sur la question du jeu vidéo et de la santé mentale chez les adultes, j'ai écrit deux articles complémentaires : pourquoi le jeu est bon pour la santé mentale et ce que la science dit sur quand il aide ou fait mal. Celui-ci s'intéresse spécifiquement aux enfants et au développement.

Le jeu se limite-t-il aux règles et aux manettes ?

Non. Une étude récente a observé des enfants en train de jouer non seulement à travers les règles du jeu ou l'usage de la manette, mais aussi à travers leur corps, leurs émotions et leurs interactions sociales. Le jeu, ce n'est pas juste ce qui se passe sur l'écran : c'est tout un ensemble d'expériences simultanées.

Quand un enfant joue, il mobilise son corps (posture, mouvements, réactions), ses émotions (excitation, frustration, joie, fierté) et ses compétences sociales (coopération, négociation, entraide, parfois conflit et résolution). Tout cela se passe dans un même cadre : l'expérience de jeu.


Quelles formes de bien-être le jeu peut-il nourrir chez un enfant ?

Les scientifiques distinguent deux grandes formes de bien-être que le jeu peut nourrir : le bien-être hédonique (plaisir immédiat, excitation) et le bien-être eudémonique (sentiment de compétence, de lien, de maîtrise). Le jeu coopératif active les deux simultanément, ce qui en fait un outil particulièrement puissant pour le développement.

En détail :

  • Le bien-être hédonique renvoie au plaisir immédiat, à l'excitation, à l'amusement. C'est la dimension la plus visible du jeu, et elle est souvent sous-estimée : le plaisir pur n'est pas superficiel, il est moteur.
  • Le bien-être eudémonique renvoie à quelque chose de plus profond : le sentiment de progresser, de maîtriser quelque chose, de contribuer à un groupe, de compter pour les autres. Les jeux coopératifs sont particulièrement riches sur ce plan, car ils créent des situations où l'enfant doit résoudre des problèmes ensemble avec d'autres.

Les deux formes de bien-être contribuent au développement émotionnel, social et cognitif.


Les jeux coopératifs ont-ils des bénéfices spécifiques ?

Oui. Par rapport au jeu en solo ou compétitif, le jeu coopératif crée des conditions particulières pour le développement social et émotionnel : l'enfant doit communiquer, négocier, tolérer la frustration, partager la réussite. Ces situations sont rares dans d'autres contextes, et le cadre "c'est un jeu" rend leur exploration plus sûre et moins chargée d'enjeux.

Les compétences mobilisées dans un jeu coopératif bien choisi : écoute, prise de décision partagée, gestion de la défaite collective, entraide. Ce sont exactement les compétences que les psychologues associent à une bonne régulation émotionnelle et à des relations sociales saines à l'âge adulte.


Comment mieux accompagner le jeu des enfants ?

L'enjeu n'est pas d'opposer "jeu vidéo" et "activités sérieuses", mais de mieux comprendre ce que chaque expérience de jeu apporte. Quelques pistes concrètes :

  • S'intéresser aux jeux auxquels l'enfant joue, à ce qu'il y vit, à ce qui lui plaît.
  • Favoriser des jeux coopératifs ou stimulants sur le plan cognitif et social.
  • Discuter avec l'enfant de ce qu'il a ressenti, appris ou compris pendant la partie.
  • Varier les formes de jeu : numérique, analogique, coopératif, créatif, imaginaire.

Le jeu reste un outil d'amusement et de détente, mais il peut aussi devenir un véritable support de croissance, d'apprentissage et de construction de soi.


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Questions fréquentes

Le jeu vidéo, c'est seulement du plaisir "superficiel" pour les enfants ? Non. S'il apporte du plaisir immédiat (bien-être hédonique), il peut aussi nourrir un sentiment de compétence, de maîtrise et de lien social (bien-être eudémonique). C'est surtout le type de jeu et les conditions dans lesquelles il est pratiqué qui déterminent la richesse de l'expérience.

Les jeux coopératifs sont-ils vraiment plus bénéfiques que les autres ? Ils ont des avantages spécifiques : ils créent des situations de coopération, de négociation et de résolution de problèmes partagés que le jeu solo ou compétitif ne génère pas de la même façon. Mais la qualité de l'accompagnement et l'intérêt de l'enfant pour le jeu comptent tout autant.

Comment savoir si l'enfant tire vraiment quelque chose de ses sessions de jeu ?
L'indicateur le plus fiable : discutez avec lui après. Ce qu'il raconte, ce qu'il a ressenti, ce qui l'a frustré ou rendu fier vous donnera bien plus d'informations que le temps passé devant l'écran.


Greg

Greg

Créateur de contenu et de jeu autour du bien-être.
Lyon